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 Jean est un jeune entrepreneur de la transition qui, suite à l’écriture de son travail de fin d’étude sur l’industrie du textile, a été amené à créer Lucid, « une marque de vêtements qui ne détruisent pas la planète et qui créent et maintiennent de l’emploi localement, le tout sans rien cacher ». Un projet qui a bénéficié de l’accompagnement de Groupe One, que l’on vous invite à découvrir sous toutes ses coutures !

D’où t’es venu l’envie d’entreprendre dans l’industrie du textile ?

Dans le cadre de mon mémoire de fin d’étude, j’ai souhaité analyser les solutions existantes de réduction d’impact environnementaux et sociaux dans une industrie qui touche tout le monde et qui est polluante. L’objectif était de voir s’il s’agissait de solutions d’avenir qui répondent concrètement aux enjeux environnementaux. J’ai décidé de me pencher sur l’industrie textile qui, selon moi, n’est pas amenée à décroitre. Parmi les solutions autour du textile, j’ai choisi le recyclage, considéré comme la solution la plus efficace pour faire des nouveaux vêtements mais avec l’impact le plus réduit. Mes recherches ont montré, par exemple, que comparé à un t-shirt 100% coton, un t-shirt 50% polyester recyclé et 50% de coton recyclé permet de réduire de 99% sa consommation d’eau.

Lors de ce travail, j’ai rencontré des gens inspirants, créé un réseau et regroupé une tonne d’informations. Ça m’a donné envie de poursuivre la réflexion sur cette solution. Je me suis renseigné sur ce qu’il se faisait en Belgique et je me suis vite rendu compte qu’il était possible de pousser la réflexion encore plus loin : transparence, chaine de valeur courte, résilience.

C’est ainsi que Lucid est né.

Quelles sont les valeurs de Lucid ?

Lucid est une alternative concrète qui se base sur trois piliers : le durable, le local et le transparent. Dans le durable, nous retrouvons tout ce qui touche à l’impact environnemental et social grâce au recyclage de notre matière première. La résilience, le soutien à l’économie locale et la circularité des capitaux sont au cœur du local. La transparence part d’une volonté d’offrir un projet concret dans lequel nous avons une visibilité de ce que nous achetons. Lucid désire donner aux consommateurs une vraie possibilité de comprendre ce qu’ils achètent et ce qu’ils soutiennent. La chaine de valeur, par exemple, est accessible sur notre site internet. Je ne crains pas de parler de Lucid. Nous vivons tous la même problématique, nous sommes dans le même bateau. Si nous ne faisons rien, dans 30 ans, nous serons dans la mouise. Ce serait bête d’être égoïste et de ne pas partager nos connaissances.

Peux-tu expliquer les grandes étapes d’un vêtement Lucid ?

Ce qu’on parvient à produire actuellement est un vêtement qui a une chaine de valeur de 1 800 kilomètres tout au plus. Alors que la Belgique était un bassin important du textile, les étapes ne sont actuellement pas toutes réalisables ici.

Le fil recyclé à partir de vêtements et de plastique vient d’Alicante, en Espagne. Il passe de fil à textile dans le nord de la France. Le textile arrive à Philippeville pour l’étape de la confection. La confection, du textile au vêtement, est pour moi l’étape la plus importante au niveau humain. J’aime bien pouvoir contrôler les opérations pour être certain que le travail soit qualitatif et que les conditions de travail soient bonnes. En Belgique, je peux voir les travailleurs toutes les semaines et créer une relation. Je travaille avec un atelier de travail adapté, le CARP, qui valorise le travail de personnes qui ont un handicap.

Les étapes de finissions se déroulent également en Belgique : le logo est brodé à Namur et les étiquettes sont réalisées à Bruxelles. Sur l’étiquette, on peut lire la composition exacte, l’impact, l’entièreté des étapes de production et les conseils de lavage pour faire durer le vêtement le plus longtemps possible. Faire durer la vie d’un vêtement est la meilleure manière de limiter l’impact d’un vêtement. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que nous mettons un point d’honneur à la qualité de nos créations.

Qu’as-tu suivi comme coaching ?

Je suis coaché par le start lab qui présente leur accompagnement en quatre phases. L’idée est de grandir avec eux, d’une idée à un projet concret. Les porteurs de projet commencent par un jury pour rentrer dans la première phase, qui est la phase d’idéation et de création. La phase deux concerne principalement le prototypage. La troisième fait un focus sur la vente et la dernière est une phase de « scale-up » pour passer à quelque chose de plus concret.

J’ai également pris contact avec Groupe One pour accéder au subside d’indépendant et pour challenger mon plan financier. Ça m’a aidé au niveau des démarches, pour comprendre ce que je devais faire.

Si tu devais donner des conseils à des futurs entrepreneur.e.s, quels seraient-ils ?

Ne pas hésiter ! Il y a toujours cette envie d’être le plus prêt possible avant de vendre quelque chose. Pourtant la meilleure manière d’apprendre, c’est de le faire. Une fois que c’est fait, c’est possible d’avoir un retour de son marché, de ses clients, savoir ce qui est marché ou pas. Si on attend, on finit par ne jamais le faire avec le risque du louper le coche et ne jamais se rendre compte que ce qu’on développe depuis un an n’a en fait pas de sens.

En parler ! Plein de gens gardent leurs idées secrètes. Pourtant, les chances sont grandes que l’idée qu’un.e entrepreneur.e a, d’autres l’aient également eue. La différence, c’est que l’entrepreneur.e va le faire et les autres vont juste y penser.

Une nouvelle à nous partager ?

Nous lançons notre crowdfunding pour financer une première production des vêtements et de réaliser un bénéfice nécessaire à notre ambition de proposer une réelle alternative locale et durable. Fin 2021, nous avons vendu 100 premiers t-shirts pour connaitre nos points forts et nos points faibles afin d’améliorer nos vêtements. Nous avons retravaillé en fonction des feedbacks et proposons en précommande un t-shirt (HONET V2), un sweatshirt (JUST) et un hoodie (ACT) ; tous disponibles durant notre crowdfunding. Si vous souhaitez y participer et activement soutenir une mode durable, locale et transparente, c’est par ici !