Sélectionner une page

Une chocolaterie belge qui valorise les plantes indigènes et le chocolat de qualité, c’est le projet Bomma Flora. « Bomma », qui signifie grand-mère en bruxellois et « Flora » comme le nom de la grand-mère de son fondateur Alain Coppens, qui lui a transmis son amour de la cuisine. Une chocolaterie responsable donc, généreuse comme une grand-mère prête à transmettre ses secrets ET respectueuse vis-à-vis de la flore.

D’où vous est venu l’idée du projet « Bomma Flora » ?

Bomma Flora a démarré avec mon frère qui m’a subtilement glissé à l’oreille l’idée de travailler le chocolat. Il habite au Nicaragua depuis 25 ans et travaillait pour Lutherian World Relief, une ONG qui accompagne, entre d’autres choses, les projets de développement durable. Dans le cadre de sa mission, il a participé au salon du chocolat de Paris avec des producteurs locaux pour découvrir les opportunités de la filière du cacao. C’est à l’occasion de ce salon que j’ai goûté pour la première fois du chocolat de dégustation. Ce chocolat détonne par rapport à ce qu’on a l’habitude de manger. Je me suis rendu compte que nous mangions en fait un chocolat qui avait toujours le même goût alors qu’il existe une multitude de variétés incroyablement savoureuses. A force d’en discuter avec mon frère, j’en suis venu à envisager la possibilité d’en faire mon métier.

Quel a été ensuite votre parcours ?

Auparavant, je travaillais à l’ULB en tant que formateur en aménagement en territoire et urbanisme. Ça me plaisait mais à 50 ans, si je désirais entreprendre, il était temps. C’est ce qui m’a poussé à me lancer.

Après deux ans de formation d’artisan chocolat et deux stages, j’y ai pris goût. C’est alors posé la question « qu’est-ce que je fais ? ». Ma décision s’est orientée vers la création de ma propre chocolaterie responsable. N’ayant jamais eu confiance en l’agro-industrie, je préférais produire mon chocolat moi-même de A à Z. De plus, il était hors de question d’utiliser des mauvais produits.

Vous vous êtes donc lancé dans la création de votre chocolaterie belge, mais pas n’importe laquelle ! Vous proposez des produits qui allient chocolat et plantes. Pourquoi ce choix ?

Pendant que je réfléchissais à mon projet, je lisais le livre « Sorcières : la puissance invaincue des femmes » de Mona Chollet.  J’étais surpris d’apprendre que les sorcières sont apparues non pas au Moyen-Âge mais à la Renaissance. A ce même moment, le chocolat arrivait en Europe. Passionné par les plantes, je me disais que si les femmes avaient été libres d’entreprendre ce qu’elles souhaitaient, elles auraient pu réaliser de grandes choses, autant par rapport au goût que par rapport aux vertus médicinales. Cette réflexion m’a mené vers l’idée de travailler avec les plantes indigènes (cultivées ou sauvages), ce qui, en tant qu’agronome, me parlait.

Aujourd’hui, je découvre ou redécouvre des graines qui étaient utilisées auparavant et que nous avons oublié. Avant le citron, par exemple, les gens cuisinaient l’oseille.

 

 

Vous réfléchissez également à développer votre projet de manière durable. Pouvez-vous m’en dire davantage ?

J’essaye d’évoluer progressivement et d’illustrer ce que nous pouvons changer plus facilement.

Tout d’abord, tant au niveau de l’approvisionnement de matières premières que dans le processus de production, la production de déchets du secteur du chocolat est effarante.  Ma première volonté est de réduire cette quantité à chaque stade du processus de production. Par exemple, mes fèves arrivent dans des sacs en toile de jute et la coque y est remise pour être ensuite vendue comme paillis pour des jardinières.

De plus, je désire investir dans un vélo cargo pour la livraison afin de privilégier la mobilité douce.

J’agis également sur la structure dans laquelle je produis mon chocolat. J’ai choisi Bolt comme fournisseur d’électricité, qui est plus durable. Je me suis implanté à Bruxelles, dans un zoning d’Anderlecht géré par citydev.brusssels qui met l’accent sur l’amélioration de la circularité.

Même au niveau social, j’entame un changement en amenant une réflexion sur l’inclusivité, du point de vue de l’âge, de la nationalité, du genre… En tant qu’entrepreneur, il faut sortir de l’entre-soi et s’améliorer sur différents plans.

 

 

Vous êtes suivi par Groupe One pour vous aider dans votre aventure entrepreneuriale. Qu’est-ce que ce coaching vous apporte ? 

De mon point de vue, il est important d’avoir un rendez-vous tous les quinze jours avec un coach qui trace les étapes importantes à entreprendre. Au début, je ne savais pas ce qui était difficile et ce qui l’était moins. Je stressais pour l’un, je mettais l’autre de côté. Le fil conducteur est compliqué à cerner sans coach. J’ai également pu me lancer dans la demande de prime, essentielle au début de cette activité qui nécessite des équipements.

Si vous deviez donner deux conseils aux futur.e.s entrepreneur.e.s ?

Rien ne s’est déroulé comme je l’avais prédit. Je crois qu’il est important de démarrer avec un plan de départ mais qu’il faut pouvoir se détacher de ce plan et le faire évoluer.

Un autre conseil est de se mettre en réseau. Le « via via » permet de nourrir son expérience. Discuter avec des gens qui portent des projets donne des idées et fait valoir l’intelligence collective.

En trois mots, votre aventure entrepreneuriale, c’est …

Obsession, parce que finalement, je pense au projet en permanence.

Rencontre, parce que je rencontre beaucoup de monde, même si je travaille seul.

Polyvalence grâce à l’équilibre entre le travail intellectuel, manuel et administratif. Être entrepreneur, c’est avoir un boulot varié.