Le café-librairie « Helaba » a vu le jour à Genappe. Un projet de longue haleine et de nombreux défis qu’Alessandra a su relever avec brio.

Après s’être formée pour maîtriser chaque aspect de son projet d’entreprise, cette libraire passionnée nous propose un lieu propice à l’enchantement : un café-librairie avec d’une part des livres illustrés soigneusement sélectionnés et d’autre part de produits locaux issus de circuits courts, le tout mêlé à la bonne odeur du vrai café et du chocolat chaud.

Pour Alessandra, l’entrepreneuriat n’était pas une vocation mais est devenu un moyen de vivre de ses passions et de nous les partager. L’accompagnement était, selon elle, enrichissant et surtout essentiel pour créer des synergies.

Embarquez avec nous pour découvrir son parcours et sa vision de l’entrepreneuriat !

Pourrais-tu expliquer brièvement ton parcours jusqu’à l’idée d’entreprendre ?

Au départ, j’ai fait une formation de typographe à la Cambre, j’aimais beaucoup le livre en tant que livre illustré. Étant très jeune, je dessinais déjà beaucoup. Et l’amour de la lettre s’étant également affirmé, j’ai choisi d’étudier la typographie.

J’ai entamé ma carrière à la Commission Européenne avec des missions comme la mise en page de sites web et puis dans l’évènementiel. Comme cet environnement ne me portait pas plus que ça, j’ai décidé de faire une agrégation et j’ai ensuite enseigné pendant un an différentes matières artistiques en secondaire, de la première à la rhéto. Ça a été pour moi une révélation car transmettre, c’est un des plus beaux métiers du monde. Cependant, les contraintes liées à l’évaluation, les programmes, l’administratif et par-dessus tout l’ambiance et les jalousies entre professeurs m’ont coupée dans mon élan.

Alors, je suis retournée travailler en tant qu’employée et j’ai été engagée par un groupe de presse qui édite un journal quotidien belge. C’était vraiment pour moi un des meilleurs jobs que j’ai eus, c’était un peu comme une famille. Et puis le groupe a été racheté par de grosses structures et cet esprit s’est malheureusement perdu.
C’est là que petit à petit, j’ai réalisé que pour être heureuse, motivée et retrouver du sens dans ce que je faisais, il fallait que je fasse quelque chose que j’aime.

J’avais d’un côté cette passion pour le livre en tant qu’écrit visuel, une culture de l’imaginaire depuis toujours et de l’autre côté je suis devenue aussi passionnée de café. C’est ce qui m’a amené doucement vers la création de « Helaba », un café-librairie en plein centre de Genappe.  

De quel type d’accompagnement avez-vous bénéficié et comment cela s’est-il déroulé ?

D’abord bruxelloise et salariée, j’ai fait appel aux services du Guichet d’Economie Locale de Saint-Gilles (ndlr. : Ie G.E.L. est le service bruxellois d’accompagnement à la création d’entreprise – faisant partie de l’offre START de Groupe One) ou j’ai appris à faire mon business plan et à me poser les bonnes questions, à planifier quelles étapes étaient nécessaires pour atteindre mon objectif. À ce moment, il me manquait certaines qualifications. Je me suis donc formée en café, en pâtisserie, en boulangerie, en time-management, en conteuse d’histoire et même en barmaid… Plein de choses précieuses qui n’ont fait que me conforter sur mon idée de projet et ont permis à cette idée de mûrir. C’est sur les conseils de mon coach de l’époque que j’ai suivi une formation en café et c’est même devenu ma seconde passion ! Tout cela en parallèle avec mon emploi.

Le gros chamboulement à ce moment-là, ça a été d’apprendre que j’allais devenir maman d’un petit garçon. Ce n’était pas du tout prévu ! Il me fallait réorganiser ma vie de famille, ma vie professionnelle et trouver un équilibre qui me permettait de me rapprocher de mon petit garçon comme je le souhaitais. Les valeurs humaines prenaient de plus en plus de place. J’ai continué à assurer certaines missions, puis j’ai arrêté mon travail après plus de 10 ans.

Entre-temps, j’ai souhaité revenir à la campagne et quitter Bruxelles et je suis revenue chez mes parents. Comme je n’avais personne pour garder mon petit garçon, je ne travaillais plus. J’ai alors pu bénéficier de l’accompagnement CREO (ndlr. : un programme de l’offre START de Groupe One spécifiquement destiné à accompagner les demandeur·se·s d’emploi wallon·ne·s qui souhaitent entreprendre).
J’y ai trouvé une grande source de motivation à travers mon coach et beaucoup d’étapes concrètes à réaliser, notamment l’étude de marché. J’ai également suivi le parcours formations collectives. Finalement, être accompagnée par plusieurs experts m’a permis d’aller toujours plus loin grâce à la vision de chacun.

Pour une raison d’éligibilité, je n’avais pas accès à la bourse Airbag mais actuellement, je suis en train de réaliser toutes les démarches pour obtenir la prime « Objectif proximité » et je suis accompagnée dans la réalisation de mon crowdfunding.

Quel a été la plus-value de cet accompagnement par rapport au fait de se lancer seule ?

Je pense qu’il faut se faire accompagner. On a besoin d’autres synergies et d’ouvrir des brèches qu’on n’ouvrirait pas seul·e. Ça permet réellement d’aller plus loin.

À l’heure actuelle, on parle de plus en plus d’environnement, de décroissance et de la valeur humaine au centre qui est de plus en plus importante. En cela, l’accompagnement et les échanges amènent des synergies avec des gens qui font d’autres projets. J’ai toujours des contacts avec des gens avec qui j’étais en formation collective. Et aussi, certaines ressources que m’avait donné mon coach sont devenues des rencontres essentielles dans mon parcours.

Ça m’a permis aussi de lever certains doutes que j’avais par rapport à l’entrepreneuriat : je viens d’une famille d’immigrés avec un rapport au travail qui est plutôt basé sur la sécurité d’un emploi, donc me lancer par moi-même, ça m’a fait un peu peur. Grâce au coaching, on peut décortiquer tout ça et se rendre compte que c’est possible.

L’étude de marché m’a aussi vraiment permis de me rendre compte de ce qui pouvait marcher et de croire en mon projet après avoir eu plus d’une centaine de réponses.

Où en est ton projet aujourd’hui ?

Après m’être formée pour être en mesure de maîtriser chaque aspect de mon métier, j’ai trouvé le local parfait (pas du premier coup, mais nous y voilà) et heureusement, mon papa m’a beaucoup aidée pour l’aménagement. J’ai donc pu ouvrir il y a 15 jours. J’ai encore plein de choses à mettre en place : des animations, un projet de café poussette, je dois aussi faire mon inauguration et mener à bien mon crowdfunding.

Mon crowdfunding est actuellement disponible sur la plateforme Ulule, chaque personne peut contribuer à mon projet en échange d’une contrepartie d’origine locale, c’est donnant-donnant et c’est ça qui est chouette !

Comment te sens-tu en tant que nouvelle entrepreneuse ?

Créer son emploi, ça n’a pas de prix, même si je suis encore dans une phase pleine de questionnements car maintenant, il faut que tout roule. Le fait d’ouvrir, c’est déjà s’ouvrir à l’expérience et se permettre de s’adapter à la réalité. Adapter mes tâches, mes animations, aux moments de calme ou d’affluence, par exemple.

L’important pour moi, c’est de faire quelque chose qui me plaît et de vivre une vie professionnelle qui ne soit pas une contrainte.

Puis il y a la rencontre avec les gens, il y a la découverte, il y a le partage, il y a toujours une émulation. Cette liberté dans le travail, je crois que c’est ce qu’aimerait tout un chacun. Réaliser un tel projet, c’est un peu comme avoir un deuxième enfant !

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